Hervé Morin et la droite normande ont-ils orchestré un recours « bidon » pour continuer de cumuler leurs mandats ?

0 commentaire Le par

carton-rougeCent jours après son élection, les promesses du candidat Morin en matière de non-cumul sont envolées : il est toujours député, maire, Président de communauté de communes et bien sûr Président de Région. Alors que la loi proscrit un tel cumul, comment de tels abus sont-ils possibles ? Grâce aux recours déposés auprès du Conseil d’Etat suite aux élections régionales, qui -c’est la loi- permettent aux élus régionaux de conserver tous les mandats tant que les recours n’ont pas été jugés.

La presse nationale et régionale s’était déjà fait l’écho d’un recours, plus que surprenant, déposé au Conseil d’Etat par une électrice à Tourgéville dans le Calvados. Le motif de ce recours, qui tient en une demi-page, est pour le moins léger : la requérante explique la victoire d’Hervé Morin le 13 décembre dernier par le « traitement médiatique considérable » (sic) dont il aurait bénéficié grâce à l’élection à la mairie de Vernon (Eure), vendredi 4 décembre, de François OUZILLEAU. Chacun appréciera le « traitement médiatique considérable » que M. OUZILLEAU, 31 ans et dont c’est le premier mandat, a pu apporter à l’ancien Ministre de la Défense Hervé Morin.

Quel mystère se cache donc derrière ce recours ? Les choses s’éclairent lorsque l’on sait que le fils de la requérante est avocat à Paris, ami personnel du Directeur de campagne d’H. Morin, aujourd’hui vice-président de la Région et Maire de Louviers, Francois-Xavier PRIOLLAUD. Et qu’il est aussi un ami de Madame Ariane DELAMARRE, secrétaire générale des jeunes centristes, conseillère municipale à Pont-Audemer et qui a participé activement à la campagne de M. Morin.

Tant qu’il n’est pas jugé, ce recours manifestement « bidon » permet opportunément à M. Morin ainsi qu’à plusieurs membres éminents de son équipe (Mme MORIN-DESAILLY, M. MAUREY, M. THOMAS…) de continuer à cumuler les mandats. Tout ceci suggère une petite manœuvre politicienne qui, si elle était avérée, constituerait une atteinte grave au fonctionnement de la démocratie normande.

C’est la raison pour laquelle j’ai écrit à Hervé Morin, dès janvier dernier, pour qu’il certifie que ni lui, ni aucun membre de son équipe, ne sont impliqués dans ce recours « bidon ». Ce courrier est étonnamment resté sans réponse. En assemblée plénière ce jeudi 24 mars, j’ai solennellement interpellé le Président de Région, par deux fois, afin que ce dernier lève toute ambiguïté. Par deux fois, Hervé Morin a soigneusement évité de répondre à la question.

Parce que ces pratiques scandaleuses minent notre démocratie, je demande que le Président Morin réponde une bonne fois pour toute. Malheureusement, son silence en dit long.

Soyez le premier à commenter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème, lire aussi :

Même s'il faut évidemment rester encore prudent, car le chemin jusqu'à l'activité pérenne et aux emplois durables est encore
Le par
Trump. On peut se lamenter. Pleurer. Être stupéfait, consterné, en colère. Je le suis, comme beaucoup d'entre nous. Cela ne suffit pas. La victoire de Trump est la défaite de tous les
Le par

Les derniers contenus multimédias