Rapport Duron : enfin, nous sommes sortis des tartarinades!

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Enfin nous sommes sortis des tartarinades!

Aux responsabilités, la droite s’était répandue en promesses inconsidérées d’infrastructures -routes, chemins de fer, gares…- sur l’ensemble du territoire. Un TGV par ci, un contournement par là… Au total, plus de 245 milliards d’Euros d’argent public à l’horizon 2030-2040 avaient été promis, alors que les ressources de l’Etat pour ce type d’investissements (portés par l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF))  sont d’environ… 2,2 milliards d’Euros par an!

C’était irréaliste financièrement et techniquement. C’était politiquement insoutenable et dangereux. C’était, en réalité, un miroir aux alouettes.

Face à cela, le Gouvernement avait confié à une Commission, présidée par Philippe DURON, Député-Maire de Caen et composée de parlementaires de toutes sensibilités politiques, la difficile mission de hiérarchiser,  ‘faire le tri’ entre les projets. Distinguer ce qui est essentiel, prioritaire, urgent pour améliorer concrètement le quotidien de millions d’usagers quotidiens des transports.

En Haute-Normandie, nous avions eu, nous aussi, notre lot de tartarinades ! Je rappelle simplement les faits:

  • En Avril 2009, N. Sarkozy annonçait que le bassin de la Seine « serait désenclavé dès 2015 » grâce au Canal Seine Nord et que « La grande vitesse sur l’axe le Havre-Paris mettrait Le Havre à une heure de Paris » ! Galéjade.
  • En Juillet 2009, le même Sarkozy rétro-pédalait quelque peu en annonçant « un TGV, qui reliera Paris au Havre par Mantes et Rouen en une heure et quart » (et non plus une heure…).
  • En avril 2011, toujours le même Sarkozy revenait au Havre pour affirmer, martial, que le TGV Paris-Le Havre devait être prêt « dès 2017 » et que les principes de financement « seraient connus début 2012 ». Prétention.
  • En mai 2011, son ministre Le Maire, chargé entre autres de l’aménagement du territoire, répétait doctement lui aussi que son gouvernement s’engagerait « politiquement sur ce financement de la ligne à grande vitesse pour la Normandie » au premier semestre 2012. Les Haut-Normands, comme la soeur Anne dans Barbe-Bleue, n’ont malheureusement rien vu venir…

Que disait la gauche, et en particulier -il faut saluer la carté et la constance de sa position- le Président de la Région Alain LE VERN ?

Que faire un TGV sur l’axe Paris-Rouen-Le Havre (200 km environ), compte tenu des temps d’accélération, de freinage et des coûts, n’avait aucun sens.

Que les montants nécessaires (plus de dix milliards d’Euros) étaient hors de portée.

Qu’il fallait se concentrer sur ce qui est réellement utile aux Haut-Normands, aux citoyens, aux entreprises, aux ports aussi: un train à haute performance,  le désengorgement du secteur du Mantois (entre Paris et Mantes), l’électrification de Serqueux-Gisors pour permettre le développement du fret ferroviaire et libérer des sillons, une nouvelle gare à Rouen Saint-Sever.

Le tout appuyé sur un plan de financement crédible.

Fort heureusement, nous sommes sortis des tartarinades. La Commission ‘Mobilité 21’ présidée par Philippe DURON a remis hier son rapport au Premier ministre Jean-Marc AYRAULT (pour le consulter: Rapport_Mobilite_21). Ce rapport définit, en fonction de deux scénarios de financement (scénario ‘de base’ sans recettes supplémentaires, scénario plus ambitieux avec 20 MdE de recettes supplémentaires), plusieurs catégories:

  • catégorie 1: les projets prioritaires à engager avant 2030;
  • catégorie 2: les secondes priorités, ayant vocation à être engagés entre 2030 et 2050
  • catégorie 3: le reste

Comme l’ont rappelé les collectivités haut-normandes dans un communiqué commun, la Normandie figure en bonne position. Sur un total de plus de 9 milliards d’euros pour les projets prioritaires (catégorie 1), plus du tiers sont fléchés sur des projets bénéficiant à notre région et à ses habitants: l’électrification de Serqueux-Gisors (240 ME), et le traitement du noeux mantois Paris Saint-Lazare-Mantes (3,5 MdE) qui bénéficiera à l’ensemble des territoires normands.

Notre mobilisation collective, impulsée notamment par la Région Haute-Normandie et associant collectivités locales et société civile (je pense en particulier au Conseil Economique, Social et Environnemental Régional (CESER) qui a beaucoup œuvré), a payé.

Néanmoins, il ne s’agit que d’une première étape. La prudence n’est pas incompatible avec l’ambition -c’est même une de ses conditions. C’est désormais au gouvernement de faire connaitre ses arbitrages sur la base de ce rapport. Elus locaux, nous restons pleinement mobilisés et continuons d’agir ensemble pour faire aboutir les autres projets normands, c’est à dire ceux qui, pour l’instant, sont en catégorie 2: traitement du noeud ferroviaire rouennais qui comprend la nouvelle gare de Rouen et son raccordement à la ligne vers Yvetot et Le Havre, raccordement de l’Eure au Mantois, contournement routier de Rouen par la liaison A28/A13 dont a besoin la capitale régionale. La réussite de notre action dépendra notamment de notre capacité collective, pour l’ensemble des collectivités haut-normandes concernées, à apporter une contribution financière. La Région Haute-Normandie, qui provisionne depuis plusieurs années déjà 20 ME/an à cet effet, sera au rendez-vous.

Post-scriptum: en séance plénière du Conseil régional lundi dernier, la droite a décidé de voter contre nos propositions en matière d’infrastructures. Et ce alors que les élus de tous bords -y compris l’agglomération havraise (CODAH) par exemple- s’étaient retrouvés autour de cette même position commune. L’opposition stérile et systématique est-elle le meilleur moyen de servir la Haute-Normandie ?

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  • Il me semblait qu'Alain Le Vern avait aussi la volonté de relier Evreux et Rouen... oublié ?
    par Sophie Buquet le 29/06/2013

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