Réflexions autour de l’Europe, d’Aristide Briand et des balles dans le pied

1 commentaire Le par

J’ai répondu lundi à l’invitation de la Maison de l’Europe de l’Eure (Centre d’information Europe Direct) et de mon amie conseillère régionale Mélanie Mammeri pour échanger, avec plus de 150 lycéens du Lycée Aristide Briand à Evreux, autour de l’histoire et de l’actualité du projet européen. Ce débat s’inscrivait dans le cadre de l’année européenne 2013, dédiée à la citoyenneté.

J’ai passé cinq années à Bruxelles (2003-2008), et j’aime faire partager mon expérience européenne. Je travaillais à la Commission pour faciliter le développement des médicaments biologiques, contre les maladies d’Alzheimer, Parkinson ou certains types de diabetes.

Sur le plan politique j’ai connu, en 2004, l’élargissement de l’Union européenne à dix nouveaux Etats; puis le débat sur le traité constitutionnel (et j’ai voté non) en 2005; puis un nouvel élargissement en 2007, avec l’arrivée de la Bulgarie et de la Roumanie… Tout cela au sein d’une Commission dirigée par JM Barroso, conservateur portugais emblématique de cette droite européenne, de Merkel a Sarkozy,  incapable de réorienter l’Europe vers plus de croissance, plus de protection, plus de souffle.

L’Union (européenne!) est un combat. En dialoguant avec les lycéens d’Aristide Briand j’ai pu mesurer, une nouvelle fois, combien l’Europe telle que la droite l’a façonnée paraît abstraite, éloignée, sans saveur à notre jeunesse. Et en même temps, la grande majorité des lycéens m’ont dit vouloir faire des études à l’étranger, dans l’Union! Vouloir une Europe qui protège plus, qui se préoccupe davantage d’emploi, d’éducation, de culture, de solidarité! Les jeunes de ces générations sont nés européens, mais ne le sont pas encore tout à fait devenus.

De mon côté j’ai essayé d’expliquer, de décrypter, de partager ma modeste expérience pour donner à ces jeunes dont beaucoup seront majeurs en 2014 le goût de l’Europe. Je l’ai fait à Evreux lundi. Je l’avais fait à Gravigny auparavant. Alain Le Vern, il y a quelques jours, recevait lui aussi des lycéens venus l’interviewer sur l’Europe et les Régions. Voilà comment les élus locaux, avec les enseignants dont il faut saluer le travail sans relâche, peuvent œuvrer à faire de l’Europe – et de la réorientation de l’Europe pour laquelle nous militons depuis si longtemps- une réalité dans les têtes et dans les cœurs.

Changeons de sujet. Fermons les yeux. Imaginez.

Imaginez que vous êtes une personnalité politique connue. Ancien ministre, député, chef de file de votre parti politique, votre voix est écoutée. Profiteriez vous d’une interview sur une radio nationale pour vous moquer ouvertement du territoire dont vous êtes l’élu?

C’est pourtant ce qui s’est passé mardi matin sur France Inter (voir à 7’12 de la vidéo). Interrogé par la journaliste Pascale Clark sur son patrimoine, le député UMP d’Evreux s’est déclaré, je cite, « locataire à Evreux mais propriétaire au pays basque, c’est beaucoup plus agréable ».

Je répète, tant cela semble irréel: le député d’Evreux affirme publiquement, sans nuance et visiblement sans gêne, qu’il lui est « beaucoup plus agréable » d’être propriétaire au pays basque qu’à Evreux.

On objectera que c’est insignifiant. Cela l’aurait été si ledit député avait profité de son passage sur les ondes du service public national radiophonique pour mettre en valeur Evreux et notre Région, parler de ses atouts, de ses salariés, de leurs savoir-faire. Il n’en a rien été.

On objectera que c’est de l’humour, du second degré. Les habitants d’Evreux apprécieront. Personnellement cela ne me fait pas rire. Quand on est un responsable politique, interviewé dans une émission suivie par plusieurs millions de Français, on ne donne pas dans la blagounette douteuse et surtout humiliante pour tous les Ébroïciens (à commencer par le Maire Michel Champredon), tous les Eurois, tous les Haut-Normands qui portent haut et défendent quotidiennement l’image de notre région. On les soutient et on évite, au prétexte d’un ‘bon mot’ facile, de leur tirer une balle dans le pied. Cela aussi, c’est de l’exemplarité.

Post-scriptum:

Je viens de découvrir qu’un autre élu Haut-Normand -à l’expérience européenne autrement éminente- a choisi comme moi de partager et d’échanger sur l’Europe cette semaine. J’aurais bien suggéré aux lycéens d’Aristide Briand d’y aller, mais l’élu Haut-Normand en question a choisi de tenir son débat... à Neuilly-sur-Seine. Peut être que N.Sarkozy passera dire bonsoir?

Afficher le commentaire

  • Bonjour Nicolas, Oui il est important que nos jeunes prennent conscience que si leur région, la france et enfin l'europe doit avancer qu'ils sont les principaus acteurs et que si l'on veut que les entreprises reprennent dans nos régions ils ne faut pas qu'ils partent vers l'étranger , mais comme tu le dis ,c'est comme ci on leur avait fait un lavage de cerveau et que l' avenir pour eux se trouve ailleur. Pour ma part je suis toujours sur le combat ( D'M.REAL ) DOUBLE AA maintenant qui devait ouvrir début juin le redémarrage de la papeterie , mais le combat n' est pas fini car au niveau de la selection le parcourt est dur même si les employés sont formés et savent faire marcher leur machine la sélection est tout autre car on leur demande pour en prendre le moins possible non pas de ne pas reprendre leur poste mais de s'occuper de plus de postes en même temps alors oui ils veulent travailler pour certain il est sur que cela peut marcher mais pour d'autres non et qui dit s'occuper de plusieurs poste dit moins d'embauche évidemment rien est réglé car ils n'ont pas l'intention de dire oui à tout et on leur répond qu'ils sont négatifs alors faut il passer par des emplois ou il y avait 3 personnes pour un poste en venir à 1et 1/2 sur 3/8 ils vont automatiquement être payé moindre ce qu'ils acceptent mais que certains postes seront difficiles voir très épuisant pourquoi ? pourquoi ne pas reprendre ceux qui sont dans l'attente depuis 1an de pouvoir reprendre le travail qu'is aiment ? pourquoi leur faire comprendre que ça va être dur très dur puisqu'ils auront plusieurs postes à pourvoir pour le même salaire qui sera moindre ? pour ma part et certains collègues de mon mari sont découragés on ne leur dit rien ils ont été déposé leur candidature comme de jeunes recrus depuis presque 2 mois maintenant ce qui leur donnait l'espoir et depuis rien on jout avec leur moral beaucoup s'accroche mais le ras le bol est la mais qui a le droit d'agir comme ça sous prétexte qu'ils sont étrangers qu'ils rachètent une entreprise et qu'ils font comme bon leur semble je trouve ça honteux alors je pense à toutes ces entreprises acheté par des sociétés étrangères que va t-il se passer vont ils faire la politique de leur pays ou accepter celle de la france je ne suis pas sure et vraiment déconcerté à ce sujet excuse moi d'avoir été un peu longue mais tout ça pour dire que si nos enfants partent à l' étranger et bien qu'ils sachent que l'étranger vient à nous mais que c'est sous leur conditions et plus ce que c'était avant merci Mme MErckel car nous y venons aux salaires , conditions de travail, et autres c'est ce que moi je pense . Amicalement jocelyne
    par velfre le 10/04/2013

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème, lire aussi :

"La Normandie est terre de mesure et d'ouverture, elle n'a rien d'identitaire" Mon intervention en séance plénière
Le par
"Rassembler toutes les forces Normandes" Mon intervention en séance plénière régionale lundi 16 octobre 2017 Monsieur le
Le par

Les derniers contenus multimédias