Mauvaise dette et mauvaise foi

0 commentaire Le par

C’est un procès récurrent: tout comme la gauche aurait accédé aux responsabilités par « effraction », elle ne saurait pas gérer l’argent public. Après dix années de droite au pouvoir, les faits démontrent exactement le contraire. En France, au gouvernement comme dans les collectivités, le mauvais gestionnaire, c’est la droite. Particulièrement lorsque c’est N.Sarkozy qui décide: avec lui, c’est la sortie de route assurée! Et c’est la situation à laquelle nous faisons face maintenant.

Faisons d’abord un sort à une idée reçue: toute dette est-elle mauvaise? La réponse est non. Pour financer de grandes infrastructures, investir dans la recherche, l’innovation, la transition sociale-écologique (l’alter-croissance dont parle mon ami Guillaume Bachelay), l’éducation, bref, pour investir dans l’avenir, emprunter peut être nécessaire. C’est un outil budgétaire parmi d’autres. Il n’y a aucune raison de hurler avec ceux qui, souvent pour des raisons idéologiques, considèrent qu’emprunter est par nature un pêché. La dette, ce n’est pas le diable. Surtout lorsque les taux d’intérêts auxquels la France emprunte sont bas, comme cela est plutôt le cas ces derniers temps.

Encore faut-il respecter scrupuleusement deux règles de bon sens:

1-que la dette finance uniquement de l’investissement venant accroître le patrimoine collectif, et non du fonctionnement courant. Tout comme le cholestérol, il y a la ‘bonne’ dette et la ‘mauvaise’ dette;

2-que sa charge, c’est à dire le paiement des intérêts d’emprunt, reste supportable pour les finances publiques. En somme, éviter, en investissant dans l’avenir, de le compromettre. C’est le sens du critère européen d’une dette inférieure à 60% du PIB. En faire un dogme serait absurde. C’est simplement un indicateur -rien de plus, rien de moins, comme tous les indicateurs il est contestable- d’équilibre entre l’ambition et la raison.

Quelle est la situation en France? Le graphique ci-dessous est éclairant. À chaque fois que la droite est au pouvoir, la dette dérape. On sort des clous et on ne contrôle plus rien. Entre 2002 et 2012, la dette publique de la France est passée de moins de 60% du PIB à plus de 90%. C’est à dire plus de 900 milliards d’Euros en dix ans, pour atteindre 1833 milliards d’Euros fin 2012. Cette explosion  a été amplifiée par la crise fin 2008-2009, mais elle est lui est très clairement antérieure.

Cette dette publique, pour un peu moins de 80% environ, correspond à la dette de l’Etat. 10% environ correspondent à la dette des administrations locales (Régions, Départements, agglomérations, communes…), et 10% à la sécurité sociale. La très large majorité de la dette publique est donc imputable à la gestion de l’Etat par le Gouvernement qui le dirige… et le graphique ci-dessous prend tout son sens.

Concrètement, chaque Haut-Normand doit savoir que:

-La dette publique que nous a laissée la droite en France est d’environ 26 300 Euros par Haut-Normand;

-La dette de la Région Haute-Normandie est d’environ 141 Euros par Haut-Normand, c’est à dire 186 fois moins !

Cette saine et sérieuse gestion de l’argent public, qui fait de notre Région l’une des moins endettées de France, est un levier indispensable pour préserver des marges de manœuvre et agir pour notre territoire.

 

Soyez le premier à commenter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème, lire aussi :

Même s'il faut évidemment rester encore prudent, car le chemin jusqu'à l'activité pérenne et aux emplois durables est encore
Le par
Suite aux inquiétudes concernant la fermeture de plusieurs établissements de formation sanitaire en Normandie, les élus régionaux et parlementaires (Nicolas MAYER-ROSSIGNOL, Benoît ARRIVE, Guy BAILLIART, Laurent BEAUVAIS, Laurence DUMONT, Corinne
Le par

Les derniers contenus multimédias