Accord chez Renault: dans la crise, préserver l’activité en France

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Le 17 janvier dernier, je réagissais ici aux annonces de Renault concernant ses sites en France. J’exprimais ma détermination, avec les élus socialistes, à défendre l’avenir de la filière automobile en Haute-Normandie: plus de 27 000 salariés, près de 300 équipementiers et sous-traitants, c’est décisif. Je disais mon soutien aux salariés et mon extrême vigilance à ce que les engagements de Renault (préservation des sites, augmentation du volume d’activité de ces sites notamment), soient effectivement tenus.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Hier, trois syndicats (la CFDT, la CFE-CGC et FO) ont signé l’accord avec la Direction de Renault. Celui-ci avait été soumis la veille à la consultation du Comité Central d’Entreprise et des Comités d’Entreprise des filiales.

Je tiens à saluer l’action des syndicats, ceux qui ont signé l’accord comme ceux qui ne l’ont pas signé. Ils ont tous contribué à un dialogue social constructif, nourri par un seul objectif: dans la crise, l’emploi et l’avenir de l’automobile sur notre sol national. Ils ont pleinement joué leur rôle. Comme chez M-Real, comme chez Sealynx, comme chez Pétroplus et dans beaucoup d’autres sites, il faut saluer l’action exemplaire des représentants syndicaux Haut-Normands.

Que dit cet accord ? J’avais évoqué, dans mon billet précédent, deux lignes rouges: pas de licenciements secs, pas de fermetures de sites.

Sur le premier point, l’accord prévoit qu’il ne sera procédé -contrairement à PSA- à aucun licenciement économique ni à un plan de départ volontaire.  Les mobilités inter-sites continueront à se faire comme auparavant, sur la base exclusive du volontariat. Le gel des salaires, à l’origine envisagé jusqu’en 2016, ne concernera que l’année 2013, à la suite de quoi cette question devra chaque année faire l’objet d’une négociation. Les possibilités de départ à 58 ans devront être généralisées, avec une prise en charge du salaire à hauteur de 75% jusqu’à liquidation des droits à la retraite.

Sur le second point -les sites- l’accord prévoit que tous les sites de production Français et Haut-Normands (Cléon, Sandouville, Dieppe) seront maintenus, avec l’affectation de nouveaux volumes de production. L’usine de Sandouville devra se voir confier la construction supplémentaire de 18 000 véhicules utilitaires Nissan Primera par an, des volumes qui s’ajouteront aux 100 000 nouveaux Trafic annuels prévus à partir de 2014. L’usine de Dieppe devra se voir confier le développement du projet Alpine-Caterham, avec un investissement sur le site de l’ordre de 90 M€. Cette décision d’investissement n’aurait pas été possible sans l’action et le soutien des élus régionaux, en particulier du Président Alain Le Vern, et de la députée socialiste Sandrine Hurel.

Enfin, l’usine de Cléon continuera de produire les moteurs thermiques et électriques du Groupe, pour le développement desquels 300 M€ ont été investis. Là encore, cet investissement pourra bénéficier (si et seulement si les engagements en matière de préservation de l’emploi sur ce site sont bien tenus par Renault) d’un appui de la Région que nous avons décidé avec Alain Le Vern et le député Guillaume Bachelay en mobilisant notre Appel à Projets Energies. Le site de Cléon devra aussi se voir allouer la construction d’une partie des boîtes de vitesse actuellement fabriquées au Portugal.

L’accord signé hier est-il parfait? Non. Comme l’ont justement rappelé les parlementaires socialistes Sandrine Hurel, Estelle Grelier et Guillaume Bachelay dans un communiqué de presse commun, « nous ne pouvons nous satisfaire du non-remplacement de plus de 7500 postes ; ce sont autant d’emplois industriels qui ne bénéficieront pas aux jeunes » Français et Haut-Normands. Mais l’accord est décisif sur un point: il doit permettre le maintien des sites et de l’activité des sites Renault Haut-Normands. C’est important pour ces sites bien sûr, mais aussi pour tous les équipementiers, sous-traitants, PME du territoire qui dépendent de ces sites. C’est important pour toute la Haute-Normandie.

C’est pourquoi, dans la crise majeure que traverse le secteur automobile (année 2012 catastrophique, début d’année 2013 parmi les pires depuis 1990), je considère que cet accord est un pas vers l’avant. Sans enthousiasme, mais avec lucidité et vigilance.

Vigilance, car les engagements de Renault devront être effectivement tenus!

Dès 2013, un observatoire de suivi de l’application de l’accord sera mis en place. Composé de trois représentants de chaque organisation syndicale signataire de l’accord et de représentants de la direction, il a pour mission de veiller à la mise en œuvre des mesures inscrites dans l’accord. Il établira un tableau de bord de suivi autour de 4 thèmes : le taux d’engagement de l’outil de production, le volet social, la recherche et l’innovation et la filière automobile.

Comme tous les élus socialistes, parlementaires et élus locaux, nous serons aux cotés des salariés, en dialogue permanent avec les représentants syndicaux et la direction de Renault pour veiller, concrètement et scrupuleusement, à ce que les engagements pour l’activité -donc l’emploi- et les sites de production Haut-Normands se traduisent dans les faits et sur le terrain. Pas d’accord sans réelles contreparties.

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