« Dans la bataille pour l’emploi, la Région est en ordre de marche »: mon intervention au Conseil régional lundi 10 décembre

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Nous étions réunis en assemblée plénière lundi dernier, dans l’hémicycle régional sous la présidence d’Alain Le Vern, pour voter le budget 2013 de la Haute-Normandie. Les élus régionaux des groupes Socialistes, Radicaux de gauche et Europe écologie-Les Verts l’ont adopté. Le Front de Gauche n’a pas pris part au vote. Les élus UMP/NC/divers droite et apparentés, ainsi que l’extrême droite, ont voté contre.

Petit aparté.

Le leader du groupe de droite ‘Pour une Nouvelle Normandie’, comme il en a désormais l’habitude, n’a daigné rester qu’une heure à peine au sein de l’hémicycle.  Après avoir consenti quelques interviews à la presse locale, il a ‘pondu’ deux tweets définitifs sur l’inintérêt de la séance et l’a immédiatement quittée pour rejoindre, au Sénat, un colloque parisien dont il était l’une des vedettes à l’affiche.

Je ne conteste pas l’intérêt de ce colloque. Je dis simplement que ce monsieur, qui n’est plus Ministre et qui prétend « rénover les pratiques politiques », a une obligation réglementaire, politique et même morale de participer pleinement aux travaux de l’Assemblée au sein de laquelle il est élu. Surtout quand le pays est en crise. Surtout quand il s’agit du budget. Surtout quand cela concerne tous les Haut-Normands, toutes les entreprises, toutes les associations, toutes les forces vives de notre région. Ne pas siéger, c’est les mépriser.

‘Accessoirement’, je rappelle aussi que cet élu perçoit une indemnité régionale, dont on peut peut-être, à gauche comme à droite, considérer qu’elle confère un certain nombre de devoirs.

Bref.

La droite, donc, a voté contre le budget. Je ne peux m’empêcher de me demander quelles raisons, autres que des considérations d’ordre tactique, peuvent pousser à votre contre un budget équilibré (pas de déficit), sain (la région reste l’une des moins endettées de France), maîtrisé (les dépenses de structure n’augmentent que de 0,3%) et volontaire (près de 340 millions d’Euros d’investissements). Voter un budget, c’est une grande responsabilité. Que l’opposition s’oppose, c’est légitime. Mais quel est l’intérêt d’une opposition stérile ?

Venons-en au fond. En tant que Vice-président de la Région en charge de l’emploi, de l’économie et des énergies, j’ai présenté le volet ‘action économique’ de ce budget. Il s’inscrit dans la continuité du travail de Guillaume Bachelay, à qui j’ai succédé dans cette fonction, dont l’action et les résultats méritent d’être chaleureusement salués.

Avec les collègues Claude Taleb, Vice-président et Dominique Gambier, conseiller régional délégué, je me suis attaché à défendre nos priorités, qui sont toutes tournées vers un seul et même objectif: l’emploi, l’emploi, l’emploi. Accompagner et soutenir les entreprises, en particulier les PME et les ETI, investir puissamment dans la recherche, l’innovation, les filières d’avenir (éolien offshore et électromobilité notamment), renforcer l’export et la promotion du territoire à l’international, accompagner la mutation de l’agriculture régionale… Tels sont nos grands axes de travail, en anticipant les évolutions à venir et en particulier la mise en place de la Banque Publique d’Investissement. Dans la bataille pour l’emploi, les résultats prendront, malheureusement, du temps. Mais avec ce budget, nous démontrons que la Région est en ordre de marche.

Voici le texte de mon intervention (vous trouverez ici le communiqué de presse de la Région):

Monsieur le Président, chers collègues,

Le budget 2013 pour l’action économique de la Région est un budget de redressement et d’anticipation.

Budget de redressement, car la crise est toujours là. N. Sarkozy nous avait dit, en 2010 puis 2011, « Vous verrez le chômage reculer dans les semaines à venir ». Le chômage est en hausse ininterrompue depuis. Christine Lagarde avait déclaré dès 2008 « le gros de la crise est derrière nous ». On voit ce qu’il en est. La crise est là, elle est dure et elle dure.

Ce budget est donc un budget dans la crise et contre la crise. La Région est, avec l’Etat, le premier investisseur public sur le territoire et le premier partenaire économique des entreprises haut-normandes.

Budget d’anticipation : à l’heure de la mobilisation pour redresser l’économie du pays, elle est prête à assumer les missions qui lui seront confiées par le nouvel acte de la décentralisation. Le budget 2013 consacré au développement économique de la Haute-Normandie s’inscrit pleinement dans les engagements pour le redressement économique et industriel de la France conclus le 12 septembre dernier entre le président de la République et les présidents de Région.

Le contrat régional de développement économique (CRDE) signé en 2011 avec les partenaires préfigurait, d’une certaine manière, les évolutions règlementaires qui devraient prochainement confirmer le rôle de Chef de file du développement économique de la Région. Nous avons su anticiper cela. Dès aujourd’hui, nous sommes au travail avec nos partenaires, toujours dans une démarche de contractualisation, pour simplifier, décroiser, faire des économies, gagner en efficacité et en efficience pour à la fois gérer mieux encore l’argent public tout en apportant un service performant aux entreprises, aux entrepreneurs, aux salariés et à leurs représentants, aux artisans, aux commerçants, aux agriculteurs et pêcheurs, aux chercheurs, à tous ceux qui contribuent à la production et à l’économie réelle sur notre territoire.

Sans vous abreuver de chiffres, je voudrais citer quelques ordres de grandeur.

Le budget régional pour l’action économique stricto sensu correspond à 88 ME. 75%  de ce budget est consacré aux investissements. Cela représente 14% des capacités d’engagements du BP2013. Bien sûr, de nombreuses actions régionales qui ne sont pas comptabilisées dans cette ligne budgétaire ont également un impact sur le développement économique (réalisation d’infrastructures, développement des formations, etc.).

Ces 88ME sont à comparer, par exemple, à l’Alsace (60,8 ME pour le BP2012) ou à la Basse-Normandie (63 ME pour le BP2012). Quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se console.

Notre cap est clair : notre seule finalité est l’emploi, l’emploi, l’emploi sur le territoire. Pour cela, quatre grandes priorités :

1. Accompagner et soutenir les entreprises, en particulier les PME et les ETI ;

2. Investir puissamment dans la recherche (partie qui sera développée par Dominique Gambier), l’innovation, les filières d’avenir ;

3. Le soutien à l’export des entreprises et la promotion du territoire à l’international ;

4. L’accompagnement de la mutation de l’agriculture régionale (partie développée par le Vice-président Claude Taleb).

1. Première priorité : accompagner et soutenir les entreprises du territoire, en particulier les PME et les ETI. La croissance des PME est un enjeu capital dans une région où 99% des entreprises ont moins de 200 salariés.

Outre les différentes aides directes mobilisées dans le cadre notamment de la contractualisation, les outils de renforcement des fonds propres des entreprises doivent être complétés. C’est dans cette perspective que la Région entend s’engager dès 2013 en articulation étroite avec la future Banque Publique d’Investissement (BPI). Bien entendu, les modalités futures de fonctionnement de la BPI pourraient amener la Région à ajuster ses interventions de politique économique régionale dans le courant de l’année.

Au-delà, nous entendons :

– Poursuivre et développer le dispositif de contractualisation acté il y a un an, qui donne de la stabilité, de la prédictibilité aux entreprises et évite la bureaucratie qui nait de la multiplication des dossiers.

-maintenir le dispositif « soutien PME – emploi », mis en place en mars 2012, dispositif d’exception déployé en période de ralentissement économique et de difficultés d’accès au crédit bancaire pour les entreprises. Je le dis et je le redis, les banques ne jouent toujours pas pleinement le jeu. Les PME, mais également les ETI, peuvent bénéficier de ce dispositif : prêt à taux zéro sans garantie, ni caution, d’une durée de 4 à 7 ans pouvant être assorti d’un différé de remboursement de 6 à 12 mois.

-soutenir, coordonner et mettre en réseau les structures d’appui aux entreprises (filières Energies, NAE, LSN, CBS, ARIA, Glass Vallée, Normandy Packaging, Nov&atech (chimie biosourcée, agroindustrie) clusters Dieppe Méca Energies, pôles de compétitivité MOVEO, Nov@log, Cosmetic Valley) : mutualisation des ressources, capitalisation des expériences, définition de stratégies communes…

-favoriser la création (avec le chéquier création, le dispositif ‘coup de pouce notamment’) et la reprise-transmission d’entreprises (départs à la retraite – un chef d’entreprise sur deux a aujourd’hui plus de 50 ans) et encourager l’esprit d’entreprendre, notamment chez les jeunes et chez les femmes (30% entrepreneuriat féminin), développer l’accompagnement/’coaching’. Car nous savons que le taux de pérennité à 3 ans d’une entreprise accompagnée est de 85 %, contre 67 % lorsqu’elle est isolée.

2. Deuxième priorité : investir puissamment dans la recherche, l’innovation, les filières d’avenir : facteurs majeurs d’attractivité et de compétitivité, la recherche et l’innovation sont des priorités incontournables sur lesquelles la mobilisation des acteurs économiques – laboratoires de recherche, établissements d’enseignement supérieur, entreprises, financeurs ou animateurs de réseau- est attendue. Ils sont aussi des leviers indispensables et puissants pour la conversion énergétique et écologique de l’appareil productif régional. Dans ce domaine, nous avons deux secteurs stratégiques clairement identifiés, pour l’émergence de nouvelles filières industrielles durables : l’éolien en mer (dit ‘offshore’) et la filière automobile décarbonée, du véhicule électrique à la déconstruction en passant par l’utilisation de matériaux bio-sourcés (comme le lin).

La Région s’est tout particulièrement investie depuis deux ans dans une politique volontariste de soutien aux grands équipements de recherche et aux projets innovants des entreprises, notamment dans le cadre de l’Appel à Projets Energies (APE).

L’APE est appelé à monter en puissance en 2013 avec l’émergence de la filière éolienne offshore et l’appui au développement de la filière automobile décarbonée. 50 ME sont encore prévus pour 2013. En matière d’éolien offshore, la Région accompagnera de manière prioritaire :

– les démarches mutualisées telles que les plates-formes de mesures et sites d’expérimentations du projet WIN ainsi que les programmes de R&D qui y seront associés ;

– la mise en place de plateformes technologiques telles que le centre d’expertise et de valorisation de l’éolien et de l’offshore (CEVEO).

En matière d’innovation, la Région via son appui à l’agence SEINARI et au réseau des acteurs de l’innovation contribue à créer un terreau propice à l’entrepreneuriat et à la création innovante. Elle intervient également de manière directe en soutien aux projets innovants des entreprises. Lorsque l’on fait la liste des initiatives que la collectivité régionale a su mener à bien durant ces dernières années, on constate que beaucoup a été fait, même si naturellement beaucoup reste à faire. Je cite, notamment, les actions suivantes :

-création d’un fonds de maturation au sein des Etablissements d’Enseignements supérieur, puis du PRES avec le guichet unique ‘Normandie Valorisation’ ;

-mise en place un partenariat fort avec l’INPI et installation d’une antenne locale ;

-développement de la fonction d’incubation au sein de Seinari

-mise en place d’un fonds d’amorçage interrégional, dont des entreprises normandes profitent déjà.

-poursuite du soutien à Normandie Capital Investissement (NCI).

Ces outils, utiles, seront amenés à évoluer en fonction du mode opératoire de la future Banque Publique d’Investissement.

3. Troisième priorité, le soutien à l’export des entreprises et la promotion du territoire à l’international :

Aux termes de la convention régionale signée en 2012 avec l’ensemble des partenaires concernés (l’Etat, UBIFRANCE, la Chambre de Commerce et d’Industrie Régionale et CCI International Normandie, OSEO, la Coface, le Comité Haut-Normand des Conseillers du Commerce Extérieur, la Chambre Régionale d’Agriculture et la Chambre Régionale de Métiers et d’Artisanat), la Région pilote le programme régional de développement des PME et ETI à l’international. Ce partenariat sera renforcé en 2013 pour organiser concrètement le dispositif d’appui à l’export. L’accent sera mis sur une plus grande coordination des interventions pour une meilleure détection et un accompagnement personnalisé, plus ciblé et plus durable, des entreprises à potentiel. Les ‘pépites’ pour l’export, qui sont souvent des entreprises innovantes, doivent pouvoir être accompagnées plus fort et plus longtemps.

En matière de valorisation du territoire à l’international, la Région, qui assume désormais le rôle de correspondant unique de l’Agence Française pour les Investissements Internationaux, concrétisera en 2013 le partenariat avec les six agences locales de développement économique, les filières et les pôles de compétitivité pour préparer les offres à destination des investisseurs étrangers. Ces actions seront renforcées par sa participation stratégique à la démarche de marque portée par l’association « Buy Normandie ».

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