Soutenir nos exportations: tout pour l’emploi !

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Lors du Conseil des Ministres d’aujourd’hui, le Gouvernement a acté les priorités d’action pour soutenir nos entreprises à l’international.

Le diagnostic est connu: depuis dix ans, en matière de commerce extérieur, la France est en chute libre. La droite, une fois de plus, nous laisse un champ de ruines. Le solde du commerce extérieur, qui était positif en 2002, a atteint -70 milliards d’euros en 2011. L’année dernière, la France présentait le 2ème plus grand déficit commercial de l’Union Européenne. Bien sûr il y a la facture énergétique, mais elle n’en explique qu’une partie.

Le Gouvernement a décidé d’agir. Pas de croissance durable sans restauration de notre balance commerciale. Cela passe par tous les leviers de la puissance publique: Etat, avec le réseau diplomatique (diplomatie économique, la priorité de Laurent Fabius au Quai d’Orsay), le réseau du Ministère de l’Economie et des Finances, Ubifrance pour soutenir les PME et les ETI… Mais aussi les collectivités et en particulier les régions, qui seront les chefs de file, les vaisseaux-amiraux du soutien à l’export dans les territoires.

Les priorités du Gouvernement, exposées en Conseil des Ministres aujourd’hui, sont claires. Les entreprises françaises seront d’abord mises en situation de lutter à armes égales dans la concurrence internationale. En matière commerciale, notre ligne est simple : non à la naïveté, oui à la réciprocité. François Hollande et le Gouvernement revendiquent la mise en œuvre du principe de réciprocité dans la politique commerciale européenne. Les exemples sont édifiants : est-ce notre intérêt que le taux moyen des droits de douane soit, comme cela est actuellement le cas, de 3,2 % en Europe contre 7,8 % en Asie ? Que la valeur des marchés publics attribués à des entreprises de pays tiers soit de 312 milliards d’euros en Europe, contre seulement 34 milliards aux Etats-Unis ? Assurément non. Il faut changer cela et retrouver un équilibre vers plus de réciprocité et moins de naïveté.

Nous devons également améliorer nos outils de financement des entreprises. La réforme des financements à l’exportation a été engagée avec l’objectif de mettre l’appui public français au niveau de ceux proposés par les pays concurrents. Une première série de mesures a été incluse dans le projet de loi de finances rectificative pour 2012. Elle sera complétée début 2013.

La progression des exportations passe ensuite par le renforcement de la capacité de développement international des PME et des ETI. Elles bénéficieront de ressources financières adaptées – qui seront proposées dans le cadre de la Banque publique d’investissement, la fameuse BPI – et d’expertises et compétences supplémentaires. Ces dernières seront mises en place grâce à des accompagnements sur mesure et dans la durée pour un millier d’entre elles, à un recours accru aux volontaires internationaux en entreprise, et à une solidarité plus grande entre grandes entreprises et PME et ETI.

Enfin la rencontre entre une offre française mieux structurée et la demande mondiale sera favorisée en privilégiant quelques grandes familles de produits et de services, comme l’alimentation, la santé, la ville durable, la mobilité, les énergies, le développement numérique. Elles bénéficieront d’une concentration de moyens venant des différents leviers de l’action extérieure de la France. La demande mondiale va évoluer et se tourner de plus en plus vers une exigence de mieux vivre. En s’appuyant sur un engagement public renouvelé et déterminé, et en se mobilisant collectivement, les entreprises françaises sont bien placées pour y répondre.

Soutenir nos exportations est vital pour notre pays. C’est une condition du retour de la croissance et de nouveaux emplois durables. Le Gouvernement l’a compris et prend le taureau par les cornes. Il n’y aura certes pas de miracles, car personne n’a de baguette magique. Mais cela change de dix ans d’errements et de renoncements.

Pour poursuivre la réflexion:

« La diplomatie économique, une priorité pour la France », par Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères

« Faire de l’export une priorité pour les entreprises » par Nicole Bricq, Ministre du Commerce extérieur

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